El Salon, Montréal, 30.11.2004
À priori, aller à un spectacle de musique à Montréal implique toujours que l'on doit subir la horde d'hommes-sandwichs avec les t-shirts de groupes qui me rappellent vaguement à quoi servent maintenant les bandes dans les arénas de hockey. But I digress... Avec Wello, je voulais absolument ne pas manquer un groupe de post-métal dont on m'avait dit que le show d'il y a 2 ans avait été mémorable. Fort de cette attente, je me présente finalement quelques minutes après l'ouverture de la porte d'une des pires salles de spectacles de la ville (pas de ventilation, pas de véritable scène...) après avoir préparé un bon repas de pétoncles et de crevettes arrosé d'un jus de canneberges.
Premier groupe : Mare. Canadiens. Bon. Mare a quatre lettres, Isis aussi... darn... déjà que Isis est un peu quétaine, imaginez les groupes qui tentent d'imiter des old-fashioned. Les gars manquent un peu d'expérience. Ils auraient pu aussi s'appeler Gloomy Day Real Estate. Un petit bout "doom" me fait sourire mais... oupse, reviennent au style Khanate rencontre Isis. Vers la fin, une bonne idée de chanter soprano en samplant plusieurs fois sa voix et... rebelote pour le grognement. Tant pis. Meilleure chance la prochaine fois et nul si découvert.
Pause. On se rapproche de la scène.
Je commence un exposé sur la musique. Je dis à Wello que la première chanson écolo c'est Marvin Gaye qui l'a écrite. Mercy, Mercy Me. Il y a, quoi, 30 ans? C'est toujours les Noirs qui inventent tout dans la musique occidentale. Ensuite des p'tits Blancs classe moyenne viennent tout foutre en l'air parce qu'ils ne comprennent rien. Sauf quelques exceptions qui comprennent juste ce qu'il faut. Le temps de deux ou trois albums. Et là ils dégèlent ou ils dégrisent et ils ne comprennent plus rien.
These Arms Are Snakes. Quatre mecs. Dès la première pièce, on sent une grosse différence; intense - déchaîné - fluide - inattendu. Wello me parle de clichés regroupés ensemble qui forment un tout hétérogène mais pas hétéroclite mettons Led Zeppelin et Dead Kennedys. C'est comme Les Savy Fav avec un turboréacteur. Le chanteur fait des passes de microphones et danse comme un pantin animé par un chat qui vient de recevoir de l'eau de javel dans les yeux. La guitare est acérée et lancinante, la basse est parfois samplée et surtout la batterie cogne fort. Belle découverte...

Isis arrive. Tassez-vous, v'là les pros. Gros matos. Turner a décidément reçu un très gros héritage... On se lance dans la première pièce du nouvel album, So Did We. Pfou. Quel son mes amis. Cette pièce est à peine terminée qu'on embarque dans une autre du nouvel album. Puis c'est une valse-hésitation entre des pièces d'Oceanic et de Panopticon. Évidemment, règle numéro un d'un concert de rock : au moins UN gusse crie le nom d'une chanson qu'il aime dans l'espoir que le groupe va la jouer dans les 3 ou 5 secondes suivantes. Je suis un des seuls à danser sur les riffs hypnotiques et les notes abrutissantes du clavier. Un seul rappel. Une seule pièce. Hym. Jouée avec assez de conviction pour attirer deux gorilles casquettopitèques en avant.
Finalement, ISIS c'était pas mauvais mais... je crois que Benji avait raison et c'est le gros turn-off du groupe (beaucoup plus évident sur le dernier album, voir la critique) : la batterie sonne trop carré. Oui, le groupe fait des "jams" trop calculés, oui c'est du sous-Neurosis mais au moins c'est bien exécuté.
Bon. Où pourrais-je trouver des disques de These Arms Are Snakes, maintenant, hm?
Posted by phonono at décembre 02, 2004 12:02 AM