Les aigles sont des prédateurs aviaires majestueux, des rapaces ayant évolué en taille et en vitesse pour devenir des spécialistes de l'attaque en piqué, avec un bec acéré et des serres puissantes qui ne pardonnent pas. Le glapissement des aigles doit servir d'avertissement au monde animal de qui on a à faire. Cependant, malgré leur apparente force et majesté, les aigles ne sont pas très prolifiques. Ils ne peuvent élever qu'un ou deux rejetons et sont très sensibles à l'environnement. Le moindre changement brusque peut éradiquer des populations entières. De plus, les aigles sont en voie de disparition, d'extinction. Leur espèce va probablement laisser la place à d'autres prédateurs ailés moins lours mais plus efficaces. Quelques aigles réussissent à survivre en se nourrissant de carcasses, mais il ne s'agit là que d'un palliatif, un sursis.
L'autre soir, suite à l'avertissement par tractor de la présentation du concert annonçant la réunion de Motley Crüe à CNN (!!), je n'ai pu m'empêcher de réprimer un rire un peu narquois. Ce rire est devenu jaune lorsque j'ai effectivement vu les pépères de Motley Crüe tenter d'avoir l'air "cool" en se dandinant sur des morceaux de hard rock ultra-désuet. Je ne savais pas si c'était la réunion des Suppositoires de Satan ou du groupe californien.
Vince Neil était si bouffi, il aurait pu gagner le concours de bélouga honoraire du Saint-Laurent, sans tricher. Et que dire des deux zombies à la basse et à la guitare.
C'est à ce moment que j'ai été finalement convaincu définitivement que les artistes du heavy metal, ÇA N'ÉVOLUE PAS. Cette conviction, partagée la première fois par mon bon ami Steph le batteur, devenait une vérité indéniable sur les ondes du canal de nouvelles sans fin. Ces deux dernières années, les plus "dignes" représentants du genre, ceux qui avaient réussi à faire sortir le métal de la parodie dans laquelle il s'était embourbée au début des années 1980 (Metallica, Slayer, Megadeth, Anthrax, Metal Church et peut-être Exodus), n'ont pas réussi à se dépasser et nous surprendre. Même les rois de la pesanteur des années 1990 comme Helmet ou Fear Factory ont pondu des médiocrités cette année.
Chant du cygne d'un genre incapable de se renouveler? Difficile à dire. Quelques orchestres réussissent à nous faire plaisir en hybridisant (Neurosis, Mastodon) d'autres réussissent pendant un court laps de temps à réinventer le genre (Pantera, Sepultura, Brutal Truth, Carcass, Godflesh). La plupart sont devenus des parodies d'eux-mêmes au même titre que les groupes imitateurs de Judas Priest chevauchant les années 1970 et 1980. Prong, Danzig et Voivod ne sont que des pâles squelettes évoquant une ère révolue qui ne reviendra plus. Avec la mort de Dimebag (vu ici à l'extrême droite sur une photo de 1986) -- j'avais déjà commencé à écrire l'article avant d'apprendre son décès -- la boucle est bouclée, le chapitre est clos.
Je crois que pour l'essentiel, ils devraient tous suivre le sage exemple de Jim Martin (ex-Faith No More) et aller faire pousser des citrouilles géantes dans le MidWest. Ils demeureraient ainsi rois de la pesanteur, mais dans un tout autre ordre d'idées!
Posted by phonono at décembre 17, 2004 11:58 PM