Pour la première fois depuis que j'ai commencé à surfer sur Internet il y a environ 11 ans, j'ai pleuré à cause d'un site Web.
En fait, j'ai senti le moton dans ma gorge, une sorte de tristesse qu'aucune autre page d'hypertexte a pu instiller jusqu'ici.
J'ai suivi un blog dans ses moindres détails depuis le tout début, en 2002, jusqu'à la toute fin, il y a 3 jours. Un blog viscéralement intime qui me soudait à l'écran comme aucun autre bloggeur n'a pu ou su le faire...
Et aujourd'hui, j'ai appris que l'auteur de ce blog si intense et franc, si désarmant de nudité émotionnelle, est décédé.
Ivan Noble a succombé au cancer qui le rongeait depuis août 2002. Deux ans et demi, ce n'est pas énorme dans la vie d'un humain. Mais pour Ivan, ce fut les deux années les plus intenses de son existence. Avec lui nous avons lutté et espéré, nous avons aussi ressenti cette déconcertante incompréhension devant la récidive de sa tumeur maligne, devant la vérité que ce mal revenait en force, qu'il n'avait pas été éliminé, juste K.O. pendant quelques rounds.
Mais Ivan n'a pas lâché prise. Il ne s'est pas laissé faire. Il a continué de vivre. Il s'est occupé de ses deux enfants et, surtout, il est resté lui-même.
Ces deux années et demie de lutte exposée au grand jour et partagée par des milliers, au lieu de tenir du voyeurisme à La Mort en Direct (de Bertrand Tavernier), tient plutôt d'un communautarisme évansescent, où nous devenons tous voisin de chambre de Ivan, tous aussi émus par son trépas.
La mort des autres nous affecte le plus parce qu'elle nous rappelle que nous aussi, nous allons mourir. Ivan a pu faire une différence dans nos vies et aura sûrement aidé à comprendre un peu plus le fléau des temps modernes.
Merci, M. Noble.
Ivan Noble a déteint sur toi on dirait. Ton post est très touchant.
Posted by: M ! on février 1, 2005 11:36 PM