Lors de mes nombreux séjours à l'étranger, mes plus grands instants de bonheur ont été passés à dos de bicyclette, arpentant seul et en silence des étendues inconnues (de moi).
*Switch* 1997, sur un vélo rouge et jaune (surnommé par moi-même Guoqi zixingche ou encore Mao Zedong Zixingche) emprunté d'un ami Albanais, dans les rues charbonneuses et chaotiques de Tianjin.
*Switch* 1997, sur un vélo vert pomme visitant le cimetière de la famille Kong à Qufu (descendance du sage Confucius) apercevant enfin des oiseaux pour la première fois en Chine.
*Switch* 2001, sur un vieux Nopsa bleu acheté 40 markka chez Intersport à Oulu, j'arpente les innombrables pistes de la cité nordique, humant l'air embaumé de conifères, imprégné du son des pies et des sonneries de cellulaires.
*Switch* 2003, sur un Crescent orange négocié à 80 euros chez Jussin Pyöräpiste, je découvre un autre visage de Helsinki, quand je n'utilise pas un vieux Tunturi rouge vif emprunté à mon ami Samppa Hyrkäs de Kuusamo.
*Switch* 2005, sur un moins vieux Tunturi, muni de pneus d'hiver et d'une pimpante sonnette, j'arpente à nouveau les rues d'Oulu, faisant crisser la neige à -25 degrés.
Sauf le Crescent, le point commun de ces vélos, c'est la caractéristique d'avoir un frein à rétropédalage et surtout PAS DE VITESSE. Je monte les côtes à l'aide de la bonne vieille huile de jambes. Y a que ça de vrai. Et finalement je m'ennuie de ça... comme si ça me rappelait en même temps mon enfance mais surtout que ce type de vélo, comme le mentionne cet article de Wired, nécéssite vraiment une bonne maîtrise de l'équilibre, un bon jugé (on ne peut pas virer comme on veut) et une technique de freinage hors pair.
J'ai découvert que, loin d'être un freak, j'étais en fait parmi de nombreux adeptes de ce genre de vélo et, qui sait, peut-être que ce sera tendance un jour à Mourial.
Posted by phonono at avril 14, 2005 09:12 PM