juillet 04, 2005
{~} Nihilisme urbain {~}

Je suis tombé sur un livre intitulé "Montréal, ville d'avenir", écrit et publié en 1978 par un certain Jean Roy.

Dans ce livre, j'ai trouvé plein d'infos intéressantes, dont ceci :

LISTE DE DÉMOLITIONS ENTRAÎNÉES PAR DES PROJETS PUBLICS ET PRIVÉS
1963 Place des Arts 500 logements
1963 Pont-tunnel Louis-Hippolyte-LaFontaine 250 logements
1963-1966 Construction du métro 600 logements
1964 Place Radio-Canada 775 logements
1965 Abord Pont Jacques-Cartier 170 logements
1965-1967 Autoroutes Décarie et Bonaventure 1 000 logements
1969 Élargissement boul. Dorchester 500 logements
1973 Autoroute est-ouest (Métropolitaine) 3 300 logements
Projets privés
1965 Stationnement Dupuis frères 145 logements
1965 Construction Télé-métropole 75 logements

Même si le métro avait entraîné le double de démolition immobilière, cela n'aurait finalement représenté qu'à peine un tiers du total de démolition requis pour les trois grands axes autoroutiers (4 300 logements). Dire que nous sommes en crise du logement depuis quelques années... On vit avec les choix d'hier (28 000 logements détruits entre 1957 et 1978, donc, sous la gouverne de Mr Démolition lui-même : Jean Drapeau). Même Radio-Canada, avec son énorme stationnement, se couvre de ridicule quand on regarde le stationnement pour TVA (à étages, intégré à l'édifice sur Maisonneuve, qui a nécessité la démolition de 75 logements, soit 10 fois moins que sa soeur jumelle)

Mais le pire c'est 145 logements pour le stationnement de Dupuis frères, qui a fait faillite à peine 13 après... Vive le progrès!

La politique actuelle avantage l'automobile aux endroits et moments de la journée où elle est normalement un mode de transport inefficace. Une politique de transport routier qui vise à éliminer le goulots d'étranglement comporte donc une aide appréciable au transport privé. Or c'est précisément aux heures de pointe, alors que se créent les goulots d'étranglement, que le transport public pourrait constituer une alternative valable à l'utilisation de l'automobile.
"L'urbanisation du Québec", rapport du groupe de travail présidé par Claude Castonguay, février 1976.

Ben quin! On penserait que les gens auraient compris en 30 ans. Hé non. On a refusé de s'attaquer au problème = stagnation économique.

Posted by phonono at juillet 04, 2005 11:59 PM