juillet 06, 2005
{~} Pigs'll grow wings for sure... {~}

Je reçois régulièrement l'édition électronique du journal Les Affaires. Souvent je me gausse du jovialisme des écrivaillons qui contribuent à cette futilité médiatique, le plus souvent haussant les épaules devant des renseignements qui pourraient m'être utile si j'avais des milliers ou, mieux, des millions de dollars en banque.

Mais il est toujours bon de savoir comment les guignols de l'économisme palabrent et organisent leur syntaxe.

Les plus intéressant, ce sont ces cas graves de gusses souffrant de jovialisme aigu. Exemple extrême, ce Bernard Mooney, qui nous affirme sans ambages que le prix du pétrole va baisser. C'est certain!
Évidemment, le petiot évite de se mouiller complètement (les sables bitumineux, ça colle) mais sutout il demeure aussi vague que les météorologues. D'ailleurs, les économistes sont comme les météorologues mais à l'échelle humaine, il faut se le rappeler (au delà de 2 semaines, aucune exactitude possible). Mooney commet l'erreur courante de tous les économistes : il applique des scénarios passés au présent. Or, les scénarios passés ne peuvent qu'expliquer le passé et rien d'autre. Ce qui se passe actuellement, il a partiellement raison là-dessus, ce n'est pas seulement la pression de la Chine qui se fait sentir. Là où il devient irresponsable, c'est quand il dit "en passant par le supposé inévitable déclin de la production pétrolière." Désolé mon p'tit Mooney, mais le déclin de la production pétrolière EST inévitable. Les géologues et les scientifiques travaillant dans le domaine seront les premiers à vous contredire. Ça n'a rien à voir avec le racket des compagnies pétrolières. Les États-Unis ne se seraient pas lancés dans une guerre en Iraq et en Afghanistan et n'auraient pas stationné des troupes en Géorgie si le pétrole ne coulait pas à flots... Au passage il mentionne les sources d'énergie alternative (sans nommer les plus prometteuses) et parle du... nucléaire comme la menace à l'industrie pétrolière! Quelle farce. Comme si le combustible nucléaire était MOINS coûteux à extraire et transporter que le pétrole. Sans parler ce que cela implique pour le terrorissse avec un peu de jugeotte...

Non content de s'embrouiller dans la pseudo-science, il enfonce encore le clou en disant "Il ne faut pas oublier toutefois que la Chine ne fait pas que consommer; elle produit également. Il ne fait aucun doute que, dans ce grand pays, on pourrait découvrir des gisements de pétrole gigantesques." Il ne fait aucun doute? Qu'est-ce qui dit que les gisements de pétrole seraient gigantesques? Vous avez les données ou les chiffres des estimations pour soutenir vos dires? Ou alors est-ce encore du vent comme les journaliste économistes aiment bien nous souffler au visage? (En parlant de vent... si jamais un ouragan frappe de plein fouet le Sud des États-Unis: le prix du pétrole va grimper au point où on va s'ennuyer de 80 ou 90 cents/litre...)

Et quand bien même la Chine découvrirait un gisement de pétrole faramineux, ce pétrole ne suffirait même pas à faire fléchir les prix, ou à peine, car les Chinois s'empresseraient de le consommer pour leurs besoins locaux.

Vaut mieux s'habituer à un prix à la pompe de 1,00 $ et plus le litre. Ça risque de devenir le minimum pendant le reste de l'année...

Mooney devrait prendre Géologie 101 au lieu de nous demander de reprendre Économie 101...

Posted by phonono at juillet 06, 2005 12:44 AM