En Amérique du Nord on parle souvent (bon, moins souvent à cause du prix du pétrole et des ouragans aux noms féminins) de la "housing bubble" et du fait qu'elle va bientôt éclater.
Pour ceux qui sont trop jeunes ou qui sont trop peu au fait du phénomène, sachez que, à l'heure actuelle, et c'est une tendance amorcée dans les années 1970, quand les économies occidentales ont commencé à stagner à cause des milliers de dollars détournés en subventions pour les banlieues et du peak oil américain, il est très difficile pour un individu de s'acheter une maison -- ou même de louer un espace habitable -- sans se saigner à blanc.
Pour ceux de la génération des 25-40 ans, il faut en effet débourser TROIS FOIS plus que la génération des 45-60 ans afin de s'assurer d'avoir un toit au-dessus de nos têtes. La seule issue, même pour les moyennement nantis, c'est de faire un emprunt dans un banque et de payer une hypothèque.
Qui plus est, ceux qui ont 45 à 60 ans ont pu bénéficier de l'éducation post-secondaire gratuite et parfois soit une "job" assurée ou vite trouvée (ou les deux) à la sortie de l'usine à apprentissage, sans expérience sur le terrain, pour commencer illico à amasser de l'épargne tout en payant sa maison.
Aujourd'hui, non seulement nous sommes déjà endettés par notre éducation (et certains "grands penseurs" et "économistes" ont trouvé le tour de nous endetter davantage) et pas le désir de surconsommation, le prix d'une maison est devenu si inabordable que de moins en moins de ménages peuvent s'enorgueillir de posséder une maison... un jour... parce que si les paiements venaient à faire défaut, les banques saisissent vites les biens qui leur appartiennent.
Même un simple appartement est devenu un casse-tête financier pour les Nord-Américains qui aspirent à vivre dans un monde sans impôts et où tout coûte 20 piasses. Surtout que bien des emplois rémunérateurs demandent un minimum de 5 ans d'expérience...
Aller ailleurs qu'en Amérique du Nord vous permet de vous échapper de cette situation? Détrompez-vous. Au Pays de Galles (Cymru), les jeunes ont les mêmes problèmes que les jeunes Québécois. Même dans les régions où l'immobilier est le plus "abordable", le revenu moyen des ménages, 29 259 £, le prix moyen d'une maison est de 65 251 £, soit plus du double des ressources financières à la disposition des jeunes. Cet article de la BBC en dit plus long.
Tant qu'on laissera les promoteurs immobiliers décider pour nous ce qui est bon pour une ville et qu'on en sera à la mode des condominiums et des maisons-châteaux à Saint-Profond-des-Creux, ou qu'on laissera les propriétaires spéculer comme bon leur semble avec la valeur des habitations, on se rapprochera lentement mais inexorablement du jour où on aura des bidonvilles et des gens vivant dans des boîtes de carton.
Mais attendez un peu... Nous en sommes déjà là!