octobre 09, 2005
{~} Pork barrel policy {~}

Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, "pork barrel policy" fait référence à des mesures, des lois ou des décisions politiques qui mettent en oeuvre des principes économiques (detrimental) qui vont au détriment de la population et de la démocratie, qu'on appelle le "bien-être corporatif", par opposition au "bien-être social".
Des exemples de "pork barrel policy", on en a eu des tonnes aux États-Unis et au Canada dernièrement. Aux États-Unis, ce bien-être corporatif semble ne pas avoir de limites, puisque les Républicains contrôlent maintenant pratiquement toutes les sphères de la vie publique. Alors ils donnent des cadeaux à tous les amis corporatifs qui les ont aidés pendant les "campagnes électorales"; que cette aide ait encouragé la fraude électorale de 2000 et 2004 ne change rien au résultat : la frontière entre gouvernement monopolistique et le business monopolistique s'est littéralement volatilisée si bien que nous avons un gros gouvernement partout fusionné à un grosse entreprise partout... Sauf que le résultat, c'est un grosse machine qui consomme tout sans vergogne.

Dernièrement, au Québec, on a décidé (on en fait, c'est le gouvernement libéral) de lever le moratoire sur les porcheries. Non seulement on a là une mauvaise décision mais on a en plus une preuve de l'incapacité du gouvernement libéral à "innover" en matière de politique du développement économique. Comme si le monde agraire n'avait pas déjà suffisamment de subventions du fédéral. Comme si l'UPA (l'Union des Pollueurs Agricoles) avait déjà eu des "bâtons dans les roues" depuis le dézonage agricole. Le gouvernement libéral actuel, pas plus que le gouvernement péquiste précédent ne comprend la réalité économique suivante : une société moderne et forte dépend de la variété de sa production et des produits qu'elle exporte. En donnant le feu vert à l'industrialisation de l'agriculture et en continuant de subventionner l'agriculture, on néglige la part la plus importante de l'économie, son moteur pour ainsi dire, soit la ville. En fait, le seul moteur économique du Québec à l'heure actuelle, c'est Montréal. Le Québec dépend surtout de Montréal pour sa survie, parce que c'est à Montréal que se démarrent le plus d'entreprises, que c'est dans la zone de Montréal qu'il existe un potentiel de clientèle le plus grand et le plus varié, parce que c'est à Montréal qu'on trouve une plus grande concentration d'immigrants qui peuvent apporter des idées neuves ou qui veulent se sacrifier pour faire des boulots que les Québécois ne veulent pas faire, c'est à Montréal que la quantité de cargo (chargée ou déchargée), par avion ou par bateau ou même par train, est la plus élevée de la province.
Les régions limitrophes de Montréal peuvent se targuer de bas taux de chômage justement parce qu'elles sont autour de MOntréal : Lanaudière, Montérégie, Laurentides. La région de Québec possède un faible taux de chômage, de même que la région de Gatinaeau, seulement parce que les gens y habitant travaillent, directement ou indirectement, pour le gouvernement, autrement dit avec les impôts des citoyens des grandes villes (pour Québec, ce sont les impôts des gens de Montréal et les alentours, pour Gatineau, ce sont les impôts des gens de toutes les grandes villes canadiennes).

Comment développer une économie robuste si la majeure partie du pactole généré par les entreprises et les individus à Montréal s'en va soit 1) dans des grosses maisons individuelles et des voitures qui n'ont que 10 ans de durée de vie maximum ou 2) dans des subventions pour des projets ou des entreprises qui n'en ont pas de besoin, soit des multinationales ou encore l'agriculture industrielle?

Pour ceux qui pensent que les innovations agraires viennent de la campagne, détrompez-vous. Les trayeuses mécaniques et l'insémination artificielle, vous croyez qu'on a conçu ça à Saint-Profond-des-Creux? Les grands abattoirs industriels, vous croyez qu'on a inventé ça à Saint-Hyacinthe? Non, ils ont été conçus et construits d'abord en ville. Dans le quartier Hochelaga, au début du 20e siècle, il y en avait un immense où on abattait les bovins au fusil de chasse à bout pourtant.

Les porcheries gigantesques qui envahissent les campagnes environnantes de Montréal ne sont pas du tout économiquement viables. Non seulement elles détruisent l'environnement en raison du surplus de purin, de la consommation énergétique phénoménale (pétrole pour faire pousser le maïs qui nourrit les porcs, pour les fertilisants pour le maïs, pour les médicaments et le matériel pour a stérilisation, pour l'énergie des véhicules et des installations, etc.) de l'argent siphonné pour éponger les pertes et pour acheter toute la nourriture qu'on pourrait y produire sinon... Le moratoire des porcheries influence DIRECTEMENT l'économie de Montréal et de tout le Québec puisque c'est NOTRE argent qui y est investi, alors, j'ai amplement le droit d'aller là-bas et de manifester mon désaccord (ou mieux, de voter pour quelqu'un qui stoppera ces monstruosités) au contraire de ce que disent les propriétaires de porcheries.

Posted by phonono at octobre 09, 2005 11:37 AM