novembre 20, 2005
{~} Discrepancy brings more misery {~}

Wal-Mart s'est encore fait prendre les culottes baissées... Cette fois il ne s'agit pas de rumeurs propagées par des memos internes interceptés mais par des arrestations sur un chantier. Des immigrants sans papiers travaillant pour Wal-Mart mais engagés par un sous-contractant (selon l'administration de W-M) ont été arrêtés par les autorités.

Il ne faut pas se surprendre que des entreprises nord-américaines se laissent aller à de telles tactiques. En réalité, ces tactiques d'engager des immigrants, réglos ou pas, de les payer moins que le salaire minimum ou un salaire dérisoire sont beaucoup plus répandues que l'on pense. L'industrie du textile a longtemps privilégié ces tactiques pour se permettre une grande marge de profits. L'agriculture en Amérique du Nord, ce qui inclut ici le Québec, dépend de plus en plus de travailleurs temporaires oeuvrant pour une fraction des salaires normalement accordés aux personnes dans ce secteur. Oui, la main d'oeuvre locale fait cruellement défaut, l'agriculture c'est pas pour tout le monde mais, lorsqu'on regarde le processus, on voit immédiatement qu'il s'agit d'esclavage. Car les migrants temporaires travaillent au Canada mais n'ont aucun droit autre que celui de travailler. À partir de cette pratique, il n'y a souvent qu'un pas que bien des gens, par insouciance, ignorance, avarice ou simplement par opportunisme, n'hésitent pas à franchir.

Par exemple, beaucoup de familles riches n'hésitent pas à engager des femmes Philipino pour prendre soin des enfants qu'ils n'ont pas le temps d'élever eux-mêmes. Comme les Philipino sont à majorité catholiques et qu'elles parlent l'anglais, ils peuvent les insérer facilement dans l'économie parallèle. Mais souvent ces femmes peuvent rester sans statut et tout problème de leur part, ou de la part d'un fonctionnaire tâtillon et tant pis pour elle.
Autre exemple, la compagnie Mega Bloks de Montréal, qui a fait son entrée sur le marché des jouets en piratant (en anglais leeching) le design des LEGO danois (qui eux-mêmes ont imité Meccano et Playmobil mais de manière plus inventive... ) a réussi à garder une marge de profits assez tôt dans son existence en engageant des immigrants sans papier payés soit sous la table ou avec un salaire bien en-deça du salaire minimum requis par la loi. J'ignore si c'est encore le cas aujourd'hui mais ce le fut pendant au moins 5 ans à la fin des années 1990.

Pour régler ce problème, les immigrants sans papiers engagés par Wal-Mart ou ses sous-contractants, il suffirait simplement d'obliger les entreprises concernées à payer les immigrants "illégaux" le même salaire qu'un résident permanent ou un immigrant reçu. Du coup, l'incitatif pour engager des sans papier disparaît et le flux de ce type de personnes diminue puisque les entreprises ne voudront pas les engager, puisqu'ils ne feront pas autant de profit avec aucune porte de sortie de la part de l'employé...

Ailleurs dans le monde, les disparités sont accentuées aussi par les touristes ou par les riches Européens et Asiatiques qui veulent sauver la piasse en allant en Inde profiter des prix hyper-bas pour obtenir une opération ou des soins de santé (par rapport à l'Europe ou le Japon) et ainsi passer devant les Indiens (qui souvent ne peuvent pas se le payer). Comme les patients les plus riches mobilisent plein de ressources, cela créé des situations genre cette femme diabétique de la région de Kolkata qui perd un oeil à cause d'une infection mal surveillée qui attire des fourmis. Malgré ses plaintes, le personnel infirmier -- qui spéculait une douleur vive normale après une infection -- n'a pu sauver l'oeil de la dame.

Get rich or die trying?

Posted by phonono at novembre 20, 2005 06:41 PM