Beaucoup de Montréalais, et surtout les banlieusards qui envahissent les rues de cette ville pendant quelques heures seulement, n'en peuvent plus des nids-de-poules qui pullulent sur les rues. L'exaspération de certains citoyens est parfois palpable - d'ailleurs, ce fut le contentieux le plus visible de la dernière campagne électorale municipale.
Le problème est réel et on ne peut pas l'ignorer. Mais peu de gens ont compris où se situent les sources de ce problème. Je dis "les" sources parce qu'il en existe plusieurs. La plupart des exaspérés préconisent une solution miracle qui va régler le bobo une fois pour toute. Il est vrai qu'il est tentant de voir, par exemple, dans la privatisation partielle ou totale des services de voirie municipale un remède idéale à cette plaie. Toutefois, comme l'augmentation des sommes allouées à la réparation ou encore les technologies de pointe pour boucher les trous inventées dans tel ou tel État de nos voisins américains, cela ne règlerait pas le problème en tant que tel.
Car, voyez-vous, l'augmentation des nis-de-poule trouve sa source dans la conjugaison de quatre grands phénomènes systémiques :
1) la croissance du parc automobile, tout particulièrement l'augmentation du transport de marchandises par camion, l'abandon des tramways pour des autobus, l'augmentation du poids moyen des véhicules.
2) l'épandage de sels pour le déglaçage et l'entretien des rues
3) les changements climatiques, surtout les hivers entrecoupés de périodes de gel/dégel
4) l'étalement urbain, qui implique en plus un drainage des ressources fiscales hors du centre
En tenant compte de ces quatre phénomènes et de leurs variables, il est possible de dégager un plan d'action qui, bien que plus difficile à implémenter, donnerait des résultats plus probants à long terme. Par exemple, en interdisant les véhicules de plus de 1000 kilos et l'épandage de sel sur la chaussée, on vient d'augmenter la longévité des rues. Ces deux mesures sont assez simples à appliquer, par des modifications auz lois municipales. Ensuite, ça se complique. Il faut décourager l'usage de la voiture dans le centre-ville (ce qui doit se faire à l'aide de plusieurs stratégies que j'ai déjà énoncées antérieurement) mais surtout récupérer une partie des impôts prélevés dans les villes qui sont envoyées dans les régions éloignées. Quant aux changements climatiques, eh bien, je crois qu'il faudra faire avec...
Posted by phonono at mars 05, 2006 01:00 AM