La mort de Petite, née en 1996, autrement dit une décennie avant aujourd'hui, m'a rappelé que je dois afficher mon TOP 25 de cette année-là, histoire de me rappeler des bons souvenirs. Je me rappelle du temps où Petite était VRAIMENT petite, que mon nouvel appart était envahi par les félins et qu'enfin j'habitais dans une vraie ville et que j'entamais un virage musicographique important.
Bon, année-charnière pour moi qui a enduré quatre années dans la Câpitâââle nationââle, Q-bec City, le plus gros village de la belle province. En effet, j'avais fait ma demande d'admission à la maîtrise en traduction à l'Université de Montréal parce que 1) je savais pertinemment que j'aurais du mal à me trouver un emploi en tradu dans la métropole étant donné que j'y avais très peu de contacts 2) que j'avais l'intention de faire des recherches en traduction audiovisuelle 3) que les perspectives d'avenir dans mon domaine semblaient meilleures à Montréal qu'à Q-bec (ou ailleurs) et que 4) la vie culturelle était bien plus trépidante au pied du Mont-Royal que sur le versant nord de la Colline parlementaire. Je ne savais pas à l'époque que j'allais entreprendre un séjour en Chine qui allait complètement changer ma perception du monde.
Ainsi, moi, mes trois chattes et ma fiancée quittèrent Québec pour la grande ville, après avoir enduré deux jours dans le frette le plus abominable pour trouver un logement abordable et surtout potable. 'Tudju qu'on en a visité des taudis... on a fini par opter pour un 4 pièces bien éclairé dans un sous-sol en face du métro Laurier. Pour 410 dollars par mois. Sign of the times. Aujourd'hui il est 1400 $ par mois. Notre proprio était un vieux Lavallois semi-illettré crinqué contre les syndicats et amateurs d'amanchures broche à foin... bref un vieux banlieusard typiquement québécois.
Donc, peu après mon arrivée, pour payer mon loyer, comme je ne me fiais pas qu'au good old government pour payer me études, je me trouvai un emploi comme aide-cuisinier dans un resto du coin (en fait à une rue au sud de mon appart, aujourd'hui une Pizzaiolle à côté d'un affreux bloc en béton non mais pigez-moi la monstruosité). J'ai donc pu non seulement payer mon loyer et ma bouffe, etc. mais en plus, comme j'habitais pas loin d'un des meilleurs magasins de disques de Montréal, l'Oblique, j'ai pu continuer ma collection de sans me ruiner.
Mais 1996, c'est d'abord et avant tout pour moi l'année de la découverte du big beat. Tout ça c'est la faute de la version film de Trainspotting et de MusiquePlus, qui fêtait son 10e anniversaire et que je captais parce que la tartiste qui nous avait précédé dans l'appart avait oublié d'annuler son abonnement à Vidéoétron. Je connaissais déjà le triumvirat british du big beat, Chemical Brothers, Underworld et The Prodigy, mais je crois que c'est surtout Underworld et ses longues suites électroniques qui m'a le plus séduit. Saturé par le Britpop (une des pires musiques que l'humain ait produit, avec le country pop et la new age) et désintéressé du grunge (bon ok à part Screaming Trees) et du hardcore, mes goûts sont devenus de plus en plus éclectiques. Cette année-là, le meilleur Tortoise est sorti, Millions Now Living Will Never Die, et je crois que je me suis jamais tout à fait remis de la sortie de cette oeuvre qui a réinventé le rock progressif (moi qui était jusque là allergique à cette musique parce que j'avais été introduit aux pires représentants du style, en plus d'avoir été écoeuré de Dark Side of The Moon quand j'étais marmot). Dans la catégorie "c'est comme du rock progressif mais j'aime ça" il y a eu Neurosis et son très bon Through Silver In Blood, qui m'a impressionné par la qualité de compositions et de leur amplitude émotionnelle et temporelle.
J'avais déjà laissé tombé le hévé métal depuis longtemps mais en 1996 y au au moins trois albums qui m'ont fait re-"virer mon capot de bord" : Roots de Sepultura, Morningrise d'Opeth et Meditavolution de Iceburn. Sepltura en particulier m'avait estomaqué avec Ratmatta (ben oui, ben oui, je sais, encore MusiquePluche). Parmi les découvertes de cette année-là qui m'ont accroché l'oreille : Brainiac, Melt Banana, Cibo Matto, Daft Punk, Autechre et GodHeadSilo...
Brainiac et Melt Banana, abrasifs et déjantés, n'ont été que le prolongement de deux veines que j'exploitais depuis maintenant 5 ans : le techno-rock nouvelle mouture (comme Six Finger Satellite) et le Japanese Noise (comme Boredoms). Brainiac figurait sur une compilation écoutée en 1994 quand je faisais de la radio à CKRL. Melt-Banana sur un CD compil dans le magazine mensuel CMJ monthly (College Music Journal).
TOP 25 de 1996 (artiste - album :: toune marquante)
01) Tortoise - Millions Now Living Will Never Die :: Djed
EX AEQUO Run On - Start Packing :: Go There
02) Dirty Three - Horse Stories :: Red
03) Polvo - Exploded Drawing :: Feather Of Forgiveness
04) Neurosis - Through Silver in Blood :: Aeon
05) Sepultura - Roots :: Ratmatta
06) Labradford - Labradford :: Battered
07) Swans - Soundtracks for The Blind :: Helpless Child
08) The For Carnation - Marshmallows :: Preparing to Receive You
09) Orbital - In Sides :: Out There Somewhere
10) DJ Shadow - Endtroducing :: Midnight in the Perfect World
11) June Of 44 - Tropics and Meridians :: Anisette
12) Beck - Odelay :: Where it's All
13) GodheadSilo - Skyward In Triumph :: Guardians Of The Threshold
14) Brainiac - Hissing Sprigs in Static Couture :: Vincent Come On Down
15) Cibo Matto - Viva! La Woman :: I Know My Chicken
16) Screaming Trees - Dust :: All I Know
17) Boris - Absolutego :: Absolutego
18) Autechre - Tri Repetae :: Clipper
19) Tool - Aenima :: Stinkfist
20) Barkmarket - L Ron :: Feed Me
21) Stereolab - Emperor Tomato Ketchup :: Metronomic Underground
22)Melt Banana - Scratch or Stitch :: Rough Dogs Have Bumps
23) The Make-Up - Destination : Love ::
24) Unwound - Repetition :: Unauthorized Autobiography
25) My Dying Bride - The Angel and The Dark RIver :: Black Voyage
Autres tounes marquantes en 1996 [tounes (groupe)]
Firestarter (The Prodigy); Disco 666 (Girls Against Boys); Jon Spencer Blues Explosion (Wail); I Promise Not To Be An Asshole (Arcwelder); We All Die (Cat Power); Storm Of Shit (Flying Luttenbachers); Sphinx (Iceburn); Juanita (Underworld); Rundtgaing Av Den Transcendentale Egenhetens Stotte (Burzum); Trephination (Jesus Lizard); The Whole Is Equal to The Sum of Its Parts (Rûby); Absolutego (Boris); New Room (Chavez); Loops Of Fury (Chemical Brothers); Vallat ja Vaët (CMX); Sakhalin (Cul De Sac); Kryptonite (Gaunt); Mountains of Mars (Electric Wizard); Vänner och frander (Garmarna); Frail (Godflesh); Ghost; (Kepone); Sphere of Influence (Lungfish); Controversial Trousers (Monorchid); TCR (Prolapse); Get Down (Delta 72); Blame It all Senseless (Figgs); One Hit Wonder (Sincola); Transylvanian Concubine (Rasputina); Tutti Frutti (Tony Gatlif); Iro (Värttinä); Little Sister (Walt Mink); Denim Demon (Turbonegro); Throwaway (Posies); Conte d'amour et de boissons (Hardis Moussaillons); Susan's House (Eels); Josée Louise (Hardis Moussaillons); Dead Man Walking (David Bowie); Tyttöystävä (Aavikko)
Tu parles d'Opeth mais je ne le vois pas dans ton top 25...
Posted by: Benoit on décembre 17, 2006 06:15 PM