janvier 09, 2007
{~} U.S. qu'ils s'en vont? {~}

L'état général des États-Unis, malgré une défaite cuisante des Républicains en Novembre dernier, ne semble pas vouloir s'améliorer...

Malgré les vélléités de l'administration Bush (perdue aux quatre vents, souvent en raison de départs humiliants des "meilleurs" candidats) de faire des États-Unis un leader admiré du monde démocratique, le pays s'enfonce en réalité de plus en plus dans un délire isolationniste frôlant le maladif. En ce qui concerne les politiques d'immigration, le débat est polarisé, avec pour résultat des milices anti-immigrants avec beaucoup trop de puissance de feu (merci, la NRA), des entreprises mafieuses (Wal-Mart pour ne nommer que celle-là) qui profitent de l'absence de statut clairement défini pour faire encore plus de profits sur le dos des Américains moyens et entraîner la destruction de l'économie urbaine, déjà fragilisée par la génération baby-boomer et ultérieure. Ce qui ne manque pas de créer des paradoxes. Par exemple, Toys R Us, un "géant" du jouet, refusait récemment d'accorder un prix de 25 000 $ au couple du premier bébé de l'année, dans le cadre d'un concours, parce que le bébé est né de parents chinois. Même si le bébé est né en sol états-unien, le statut des parents, des immigrants chinois, n'est pas encore formalisé. Le pire n'est pas que cette décision arrive un mois après l'ouverture du premier Toys R Us à Shanghai ou que Toys R Us vende de la marchandise qui est fabriquée à 95 % en Chine. Non le pire c'est que la compagnie a décidé que le bébé gagnant serait le troisième candidat, fils d'immigrants d'El Salvador.

Autre preuve de la montée du proto-fascisme aux States : si vous êtes un historien étranger en séjour aux États-Unis, ne traversez pas la rue n'importe où. Au lieu de vous faire klaxonner et crier après ou, au pire, de vous faire donner une contravention, comme dans un pays normal (le Québec), on vous plaquera au sol et on vous enverra en prison et vous devrez payer une caution de 1 000 $.

Les problèmes structurels commencent à éroder sérieusement les États-Unis. Ce matin, j'ai vaguement entendu parler à la radio d'une municipalité près d'Atlanta qui a privatisé la quasi-totalité (sauf la police et les pompiers) de ses services municipaux au privé. Les animateurs de radio avaient l'air de trouver cette idée géniale, sauf qu'ils oublient un détail : ce genre de "réingénierie" (vous l'aviez oublié ce mot-là, hein, avouez!) est orchestré par des groupes de personnes dans des banlieues riches, qui érigent en quelque sorte une sorte de "forteresse" pour s'isoler du centre-ville, qui lui est deplus en plus pauvre, un peu comme ce qui s'est passé dans certains pays d'Amérique Latine et d'Afrique mais de manière moins systématique... On ne veut pas payer pour "les autres"...
On a vu le résultat de telles mesures à la Nouvelle-Orléans. Qui ne s'est pas encore remise de Katrina, visiblement : le taux d'homicide pour l'année 2007 est de un meurtre par jour. Ah, il fait si bon vivre dans le pays le plus "libre" du monde.

***UPDATE***
Je crois qu'un détour sur le site 10 Zen Monkeys vaut le coup pour peu que l'on veut avoir d'autre points de vue concernant le "proto-fascisme" des États-Unis. On y retrouve des "blurbs" de John Shirley, Howard Rheingold, Ken Layne, et moi je l'ai jamais oublié, Ben Marble, le médecin qui a dit à Dick Cheney "Go fuck yourself". Il y a même le texte d'un rabbin progressiste. Bonne lecture.

Un de mes passages favoris : "And my beloved libertarians have the bad habit of believing Fascism is a mom asking grandpa not to blow cigar smoke on the babies, or the cops asking some target shooters to point away from the pre-school."

Posted by phonono at janvier 09, 2007 11:15 PM
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