mai 20, 2008
{~} Thrones/Ocrilim/Misère ruine @Divan Orange {~}

Finalement, comme j'étais bien reposé et que je filais un peu mieux, j'ai rejoint Martin au Divan Orange, où l'on avait déplacé in extremis la triple prestation de pesanteur post-post-moderne qui devait originalement se produire au Black Dot, fermé depuis peu.

Donc, vers 21 h 15 je me pointe rue Saint-Laurent au dit endroit, et j'arrive juste au moment où le premier orchestre effectue ses ajustements sonores. Toutefois, plus j'observais la fille aux commandes de la machine, plus je lui trouvais un air familier. Lorsque l'autre membre du duo vint faire ses ajustements, je me retrouvai devant un fait indéniable : voilà Sébastien et Geneviève, les ex-Minipops, sous une mouture black métal ma foi assez fashionable. Pour ceux qui ne connaissent pas les Minipops, ce fut pendant un temps la réponse québécoise aux Fastbacks ou Velocity Girl. De revoir ces deux piliers d'un groupe power-pop aujourd'hui aux commandes d'une version extreme glauque de Trisomie 21 m'a laissé quelque peu perplexe. C'est un peu comme lorsqu'un de vos jeunes cousins qui trippe sur Millencollin ou Pennywise, vous le revoyez 5-6 ans plus tard et là il a un t-shirt de Darkthrone, un bracelet à clous et une tignasse par-dessus la face...

Je n'ai pas pu me distancer de cette image, ce qui veut dire que j'ai eu du mal à évaluer la prestation de Misère ruine; ce n'était pas mauvais, loin de là, mais comme je me rappelle avoir vu la binette de Geneviève au show de Khanate en 2005, ceci expliquant cela...

Mick Barr, aka Ocrilim -- également moitié 'cordes' du duo Orthrelm -- est arrivé sur scène l'air de rien, et, sans flaflas ni rodomontades, nous a balancé une seule toune de 25 minutes, une avalanche de riffs incroyables, enchaînés au point où on n'entendait plus les notes mais seulement le frottement du plectre sur les cordes, produisant une série de clics rappelant certains moments forts de Stockhausen sur "Helikopter-streichquartett".

Une fois cet intense marathon guitaristique terminé, ce fut au tour de Monsieur Joe Preston, aka Thrones, de nous offrir une performance tout à fait honorable, introduisant les spectateurs rapprochés en un demi-cercle encore plus intime, dans des mélopées cétacéesques avec sa basse électrique, pour ensuite s'en donner à coeur joie dans le sludge digne de l'apogée des Melvins.

Le seul bémol du concert fut sans conteste l'épais qui parlait fort pendant le tour de scène de Thrones; faut croire qu'aucun endroit à Montréal n'est inaccessible aux acéphales.

Posted by phonono at mai 20, 2008 11:43 PM